Phot'Orthographies

Je n’aime pas prendre de photographies. Les machines m’ennuient et me résistent, on se griffe on se pince, parfois on fait la paix et elles se déclenchent dans un gloussement satisfait. Le portable, par exemple, me gratifie souvent de quelques clichés flous, dont il m’impose le cadrage par la malice de son retardateur.

Quiconque a vu Minority Report rêve du siècle où il suffira de tâter l’air pour qu’apparaisse un écran virtuel saoulé d’informations obscures de la plus haute importance, capable de nous prévenir qu’un crime imminent se trame dans un quartier proche où il serait bon que l’on se téléportât  illico, avec notre staff de soldats bioniques hyper-entrainés !

Je voudrais être Tom Cruise.

Le film s’arrêterait toutefois au moment où on lui injecte, par le canal lacrymal, des insectes espions chargés de détecter toute vibration cérébrale susceptible de nuire à l’ennemi. Mais peut-être n’avez-vous pas vu Minority Report et vous inquiétez vous pour l’auteur. Donc.

N’ayant aucune passion pour la technique photographique, c’est avec un laisser-aller sauvage et amateur que je m’adonne à la captation d’images, vouant un culte inconditionnel aux photographes capables de saisir l’invisible et son envers.

Tout détour, anomalie, bord-cadre, erreur de focus et floutage intempestif bref, tout détournement me ramène au centre.

La page PhotOrthographies permet d’écrire de cette manière là. Chaque image prise en vol n’est qu’une impression à développer. Un moyen de transport cybernétique. Un arcane.

c'est un souvenir flou, une photo ratée, enveloppes décollées. Juste un mot sur l'envers, je l'avais retrouvée dans la poche revolver...
if série l'ArtMateur
Conte de plastique...
Elle sortit à pas de loup
et ils l'ont suivie des yeux
bronze et
L'habilleur était assis comme autrefois, mais il avait depuis longtemps arrêté son geste
... popeline
Celui qui l'accueillit ne put la réchauffer, risquant de disparaître dans le courant de l'air. Elle quitta à regret son ombre et sa chemise ... (à suivre)
glissement vers l'absence
iF série L'ArMateur
a-traits en présence
au regard de quoi
Les mains, celles-ci cousaient des chapeaux des chapeaux des chapeaux cheveux au vent perdus semés chimiques effeuillages chapeaux turbans nattés en attendant que la vie ondule encore malgré tout malgré cela. Tu n'as pas vu mon dé ?
Main accrochée de celle qui voit dans les nuages un théâtre agité cumulus par dessus tête mais le vent ....il faut rentrer
-50° farenheit à 1200 kms quelle vitesse mais rappelle toi la belle s'est piquée le doigt au fuseau horaire et tous dormaient lorsqu'on a survolé la cor.....
il faut savoir rouler
s'arrêter
attendre
la sieste de Freud